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18/07/2008

La tombe de Carbon-Blanc

Extrait du livre de Eneko Bidegain “Iparretarrak, erakunde politiko-armatu baten historia” 

Quelques jours après la fusillade de Léon, précisément le 23 août 1983, les gendarmes découvrirent un corps sur la plage du Porge (Gironde), à peu de distance du camping de Léon. Quatre jours avant cette découverte, une famille de Carbon-Blanc avait signalé la disparition de leur fils, Pascal Dumont, âgé de 15 ans. « Les gendarmes ont tout de suite voulu faire admettre aux parents Dumont que le corps retrouvé au Porge était celui de leur fils Pascal » rapporte Filipe Bidart. « Pourtant, Mme Dumont ne reconnut pas dans le corps qu’on lui présenta celui de son fils et depuis toujours elle affirmé que c’est la dépouille d’un inconnu qui a été enterrée dans la tombe familiale, comme étant son fils Pascal ».

Lors du procès de la fusillade de Léon, en mars 2000, elle a réitéré sa position : « notre fils était âgé de 15 ans ; or, le corps que l’on nous a présenté paraissait celui d’un individu plus âgé ». En outre, toujours selon le témoignage de Mme Dumont, le corps que l’on leur présenta semblait avoir des signes de décomposition supérieurs à quatre jours. Les orbites oculaires étaient vides et des parties entières du corps paraissaient dans un état de putréfaction avancé.

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15/07/2008

Le jour viendra où la vérité éclatera

extrait d'entretiens avec Gabriel Mouesca dans La nuque raide :

Votre camarade Jean-Louis Larre dit « Popo » disparaît au cours de la fusillade de Léon. Que crois-tu qu’il lui soit arrivé ?

À l’époque des faits, Popo est un garçon très investi sur le plan culturel. Danseur, chanteur, comédien, tout lui réussit. Ses dons artistiques, son sens de l’humour et sa joie communicative font de lui un compagnon très agréable. Il a toutes les qualités pour jouir simplement de la vie, pourtant il est militant d’Iparretarrak. Et, quelques semaines plus tôt, il a fait avec moi le choix d’entrer en clandestinité.

Il est bien présent au camping de Léon le 7 août 1983. Cependant, il ne participe pas aux échanges de tirs puisqu’il quitte le théâtre des événements quelques instants avant le premier coup de feu. Popo ne veut pas se rendre, il part donc, seul en courant, dans une zone qu’il ne connaît pas. À partir de ce moment-là, il ne donne plus jamais signe de vie, à personne. Après avoir effectué les recherches qui permettent de l’affirmer, Iparretarrak rend publique la disparition de Popo, en même temps que l’organisation revendique sa participation à la fusillade. Le communiqué indique clairement que cette disparition est à mettre sur le compte des services de l’État. Plus tard, nous entreprenons d’autres démarches à l’étranger, auprès de ses nombreuses relations. Mais, là non plus, pas la moindre trace de notre camarade. C’est donc bien le 7 août 1983, à Léon, que Popo a été vu pour la dernière fois par les militants présents sur le terrain du drame.

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14/07/2008

Les silences de la raison d'Etat

Le 7 août 1983, à la sortie du camping Lou Pantaou à Léon dans les Landes, une fusillade opposait quatre militants de l'organisation clandestine Iparretarrak (IK) à deux gendarmes. L'un des militaires était mortellement touché et le second légèrement blessé à une main. Les militants d'IK, eux, prenaient la fuite dans la R4 des gendarmes puis, un peu plus tard, s'emparaient d'une voiture de vacanciers et réussissaient finalement à échapper au dispositif de gendarmerie immédiatement déployé. Cependant, des quatre militants abertzale seuls trois parvenaient à échapper ainsi aux gendarmes. Le quatrième militant, dès le début de la fusillade, s'enfuyait, au vu de nombreux témoins, en direction de la forêt qui entoure le camping de Léon. Dès cet instant, plus personne ne reverra Jean-Louis Larre 'Popo', si ce n'est ceux qui ont eu raison de lui et ont maintenu, depuis 17 ans, un lourd et terrible secret.

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